ALLOCUTION DU PROFESSEUR EKMELEDDIN IHSANOGLU SECRETAIRE GENERAL DE L’ORGANISATION DE LA CONFERENCE ISLAMIQUE A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN

بسم الله الرحمن الرحيم
OIC/PAL-02/2010/SG-SP.
ALLOCUTION DU
PROFESSEUR EKMELEDDIN IHSANOGLU
SECRETAIRE GENERAL DE L’ORGANISATION DE LA CONFERENCE ISLAMIQUE
A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE SOLIDARITE
AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN
29 novembre 2010
Nations unies – Genève
Monsieur Sergueï Ordjonikidze, Directeur général de l’Office des Nations unies à Genève ;
Excellence,
Mesdames, Messieurs,
Au moment où nous nous réunissons pour réaffirmer aujourd’hui la solidarité de la communauté internationale avec le peuple palestinien dans son juste combat pour recouvrer ses droits inaliénables, j’ai le plaisir d’exprimer toute la reconnaissance de l’Organisation de la Conférence islamique et de ses Etats membres aux Nations unies, à leurs agences et à leurs comités pour leur engagement inlassable pour faire avancer la cause palestinienne. Qu’il me soit permis de les remercier encore une fois, au nom de la Oumah islamique pour l’appui et l’aide constants qu’ils n’ont cessé de fournir au peuple palestinien dans sa juste lutte pour recouvrer ses droits nationaux inaliénables.
Je voudrais ainsi saluer plus particulièrement les efforts déployés par le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien ainsi que pour la protection et la promotion des droits de ce peuple.
La journée de solidarité avec le peuple palestinien intervient à un moment où la cause palestinienne traverse une conjoncture difficile. Une situation intenable qui découle de la persistance des actes d’agression et des pratiques illégales israéliennes ainsi que l’attitude hostile du Gouvernement israélien qui se complait dans un état de fait accompli et refuse de se conformer aux termes de référence du processus de paix et aux principes du droit international.
Le monde entier a été dernièrement témoin du comportement israélien dans son obstination à poursuivre l’implantation de nouvelles colonies. Israël en tant que puissance occupante ne cesse de défier le droit international et d’intensifier l’installation de nouvelles colonies juives dans les territoires occupées, faisant fi des exigences et des efforts de la communauté internationale visant à relancer le processus de paix. Dans son entêtement à imposer l’occupation, Israël a accéléré la construction de nouvelles implantations en Cisjordanie et dans Al-Qods-Est occupée, en fermant les yeux sur les exactions commises dans les territoires palestiniens où le monde a été témoin d’une flambée de violence et d’agression menée par ces colons qui ne se contentent plus de tuer et de blesser des palestiniens mais s’en sont aussi pris à leurs récoltes, en arrachant des milliers d’oliviers; acte que n’avait osé commettre même les plus répressives des puissances colonisatrices au fil de l’histoire; c’est là un phénomène israélien par excellence.
Au même moment, les violations du droit international se sont intensifiées dans la ville d’al-Qods. En effet, les autorités israéliennes d’occupation sont en train de mener une campagne systématique visant à occulter l’identité arabo-islamique d’Al-Qods à travers sa judaïsation, la profanation de ses sanctuaires, la falsification de son histoire et la modification de sa composition démographique, en violation flagrante du droit international, du droit international humanitaire et de la 4ème Convention de Genève.
Parallèlement, Israël continue d’imposer un injuste embargo à la bande de Gaza, d’agresser de façon flagrante les flottilles de secours internationales en haute mer, les empêchant de faire parvenir l’aide aux habitants de la bande de Gaza assiégée. Il empêche en même temps l’entrée des produits vitaux et des matériaux de construction nécessaires à la reconstruction de ce que sa dernière agression avait détruit d’où des milliers de familles palestiniennes sans abri. Le maintien du blocus imposé par Israël requiert une action sérieuse de la part de la communauté internationale, pas seulement pour lever l’embargo injuste imposé à la bande de Gaza mais aussi pour traduire les dirigeants, les officiers et les responsables de cet embargo devant la justice internationale.
Il est temps que la justice internationale agisse et qu’Israël se soumette à la volonté internationale et se conforme aux dispositions du droit international qu’il n’a que trop longtemps violées, se comportant comme s’il était un Etat au dessus de la loi et à l’abri de toutes poursuites pénales.
Monsieur le Directeur Général,
Mesdames, Messieurs,
L’absence d’une solution juste à la Cause palestinienne, qui se trouve au coeur du conflit au Moyen-Orient, est à l’origine de la persistance de l’instabilité dans cette région, et constitue une menace à la sécurité et à la paix internationales. Il faudrait que la communauté internationale déploie des efforts sérieux et intenses pour contraindre Israël à se soumettre aux conditions et aux principes du processus de paix, à respecter et à mettre en oeuvre les accords et les arrangements convenus dans ce cadre.
L’Organisation de la Conférence islamique est convaincue, à cet égard, que pour que le processus de paix atteigne les objectifs escomptés, il faudra prendre en compte plusieurs préalables, notamment la cessation de la colonisation, qui est l’une des principales obligations que doit honorer Israël. Ce dernier doit aussi s’abstenir de toute activité unilatérale visant à imposer le fait accompli et à anticiper les résultats des négociations. Il n’y a aucun sens à des négociations dont Israël tente de fixer le résultat par avance à travers le fait accompli et les diktats. La réussite des négociations dépend pour beaucoup de l’existence d’un calendrier clair, de mécanismes de mise en oeuvre, d’un contrôle international crédible et d’un arbitrage équilibré. Il y a lieu de rappeler ici que la solution escomptée – et qu’on voudrait durable – doit se fonder sur les résolutions de la légalité internationale, les termes de références du processus de paix lancé en avril et l’initiative arabe de paix.
En conclusion, je voudrais réaffirmer la solidarité de l’Organisation de la Conférence islamique et de la Oummah islamique avec le peuple palestinien dans sa lutte pour le recouvrement de ses droits nationaux immuables et inaliénables, y compris son droit au retour, à la liberté, à l’autodétermination et à l’établissement de son Etat indépendant sur son territoire national avec Al-Qods-Est comme capitale.
Je vous souhaite plein succès à vos travaux pour qu’ils atteignent leurs nobles objectifs.
DIVERS / PAL-SG.SP- Genève